la cgt des caisses de sécurité sociale de l'Isère (38), souhaite informer largement ses syndiqués, les salariés, et l'ensemble de la population des diverses informations consernant la protection sociale.
|
|
Congrès Fédéral des organismes sociaux
Introduction au débat sur l’actualité revendicative
Laurent PIOT : Mardi 24 mai 2011
Chèr(e) camarade,
Le contexte politique et social international continue d’être marqué par une violence sociale et militaire dans les pays du Maghreb et du Proche Orient.
Le monde bouge de plus en plus vite et l’histoire s’accélère.
Ces peuples ont œuvré au départ des dictateurs qui les ont maintenus dans la misère, le chômage, grâce à des régimes bafouant toute notion de démocratie, instaurant la corruption et l’enrichissement personnel de leurs familles au détriment du développement économique.
La jeunesse a réveillé des peuples entiers, les hommes et les femmes, se révoltent contre l’ensemble de ces injustices avec des revendications sociales légitimes en retrouvant le chemin de la lutte et de la dignité.
Contexte international marqué par l’aspect des catastrophes naturelles et des nécessités de préventions que connait aujourd’hui le peuple japonais avec ses milliers de morts dus à un séisme d’une intensité rarement atteinte, d’un tsunami d’une ampleur colossale ainsi que les perspectives d’un accident nucléaire majeur.
Déclenchant ainsi le débat sur la sûreté nucléaire et la politique énergétique des pays développés alors que les risques mondiaux de pénurie énergétique sont sources de conflits ou de guerres.
Contexte international marqué par une situation sociale de crise très préoccupante, la moitié des 6,5 milliards d’individus vivent avec moins de 2 €uros par jour, un milliard de personnes souffre de la faim et autant n’ont accès ni à l’eau potable ni aux soins les plus élémentaires.
Alors oui, face à la montée des pays émergeants dans la vie économique mondiale, la progression générale de l’instruction et des aspirations démocratiques ; se pose avec acuité la solidarité entre les peuples et la nécessaire coopération internationale au service du développement des êtres humains partout dans le monde.
Contexte international économique où la financiarisation du monde capitaliste à plongé les pays dans une crise sans précédent, alors même que les attaques contre les protections sociales des individus sont de plus en plus marquées.
Alors que les peuples ont été très durement touchés, les Etats ont contribué financièrement pour sauver le système financier mondial et notamment les banques privées et ces mêmes Etats veulent aujourd’hui nous faire payer la crise.
A l’instar du Fond Monétaire International (FMI) avec l’aide de la Banque Centrale Européenne (BCE) qui sanctionnent les peuples en Irlande, en Grèce au Portugal… par les conditions désastreuses imposées à la population pour obtenir des aides financières, avec des prêts à des taux indécents.
Après cette crise d’ampleur, la réponse Européenne ne s’est pas fait attendre avec l’objectif du pacte de stabilité et l’adoption du pacte euro+ déclinaison du plan Merkel/Sarkosy, qui entérine des mesures majeures de régression sociale, pour contenir les salaires et les droit sociaux pour faire face à la crise, et améliorer la compétitivité des entreprise en baissant le coût du travail.
C’est le modèle social européen fondé sur le dialogue qui même avec ses limites, est remis en cause, ce qui est de nature à restreindre le champ d’intervention syndical.
L’adoption de ce pacte qui nécessite une modification de la Constitution, n’est en fait que l’aboutissement des politiques menées en Europe et plus particulièrement en France sur les questions sociales et les revendications salariales qui se heurtent à l’intransigeance du gouvernement.
L’action à l’automne sur les retraites en France en est un des exemples majeurs alors même que des millions de Français ont défilé dans les rues à plusieurs reprises, dans l’unité syndicale, avec des cortèges impressionnants et des taux de grévistes particulièrement important notamment dans le privé et particulièrement dans notre champ professionnel,
Mouvement où l’ensemble des générations ; étudiants, actifs retraités se sont retrouvés derrière des revendications communes, ils avaient face à eux l’autisme et l’intransigeance gouvernementale menant, droit dans ses bottes, sa politique ultralibérale et antisociale qui fait le lit aujourd’hui des thèses dangereuses du front national qui surfe sur la détresse sociale.
Bien que le texte ait été voté, la CGT au travers des journées d’actions et de mobilisations à fait la preuve que son rôle était déterminant dans la construction du rapport de force, un syndicat de lutte qui a démontré sa capacité à mobiliser largement les salariés dans la stratégie d’un syndicalisme rassemblé.
En France, la volonté politique du gouvernement et du Medef « binôme Parisot/Sarkozy » est de s’attaquer de front à la protection sociale et plus particulièrement à la sécurité sociale issue du Conseil National de la Résistance (CNR). Déjà en 2007 Denis Kesler se réjouissait « de la politique social du gouvernement qui allait défaire le modèle social de 1945 ».
Et ce, dans un contexte où la protection sociale française a été un formidable amortisseur social à la crise.
Crise qui à eu cependant des répercutions importantes.
Les dernier chiffres de l’INSEE sont particulièrement éloquents : 13% de la population Française vit en dessous du seuil de pauvreté soit avec moins de 949 €uros par mois, les dossiers de surendettement ont augmenté de 17% entre 2010 et 2011, la moitié des salariés perçoivent un salaire de moins de 1.600 €uros par mois.
Le chômage de masse de longue durée est particulièrement important chez les séniors et les jeunes sont touchés par la précarité de l’emploi.
Les préoccupations majeures chez les salariés sont les salaires et le pouvoir d’achat, sans pour autant oublier l’emploi et les conditions de travail.
2011 est déjà marquée par la campagne électorale et l’attente chez les salariés est forte de l’échéance présidentielle de 2012, comme hypothétique revanche.
Mais c’est seulement l’intensité des mobilisations de ces derniers mois sur les salaires qui fera basculer vers plus de justice sociale.
Seule la montée des enjeux sociaux peut guider les prises de positions politiques en faveur du monde salarial, il nous faut porter haut et fort les solutions nécessaires :
- reconnaissance et valorisation du travail,
- besoin d’une véritable politique industrielle,
- des politiques publiques au service de la croissance et de l’emploi,
- le développement des services publics,
- une protection sociale solidaire,
- le partage équitable des richesses.
Bas salaires, inégalités salariales, précarité, flexibilité, sont les maîtres mots d’une politique au service des actionnaires et du Medef qui desservent les salariés.
Ce n’est pas l’annonce d’une prime inégalitaire et touchant peu de personne et qui plus est exonérer de cotisation sociale qui va rassurer les ménages sur l’augmentation de leur pouvoir d’achat.
Les salariés sont de plus en plus pauvres et ne peuvent répondre à leurs besoins élémentaires. La hausse du SMIC doit implicitement ouvrir des négociations sur la revalorisation de l’ensemble des grilles de rémunérations.
L’enjeu est de taille pour la fédération des organismes sociaux. Ensemble dans toutes les branches pour l’amélioration du pouvoir d’achat par l’augmentation de la valeur du point mais aussi pour le financement de la protection sociale qui en découle, il nous faut revendiquer partout des augmentations salariales conséquentes.
Nous nous inscrivons pleinement dans le débat sur le coût du travail et le financement des politiques publiques et de la protection sociale en revendiquant la suppression des exonérations de cotisations qui grèvent les régimes sociaux, des niches sociales celle de l’état, ainsi que l’augmentation du salaire direct.
Quelle conséquence pour l’avenir de la protection sociale de la proposition de fusion de la CSG et de l’impôt sur le revenu où de la TVA sociale ?
Les profits des entreprises du CAC 40 ont doublé pour atteindre plus de 82 milliards en 2010 alors que l’heure est à la modération salariale ces même patrons se sont octroyés des augmentations de +24% sur un an.
Dans le même temps, les politiques d’incitation aux bas salaires avec des exonérations massives ont continué (30 milliards jusqu'à 1,6 Smic). De plus les mesures fiscales dérogatoires sont passées de 2,5 points du PIB en 2006 à 5,5 points du PIB en 2010.
Dans ce contexte, notre fédération doit continuer à informer, et former les salariés pour expliquer l’enjeu du salaire socialisé, partage incontestable de la richesse produite dans l’intérêt commun.
La fédération a joué tout son rôle sur le dossier des retraites du régime général, mais aussi sur celui de l’ARRCO/AGIRC, elle sera force de propositions sur le dossier de l’aide à l’autonomie et non de « la dépendance ».
Il n’y a pas lieu de faire de distinctions entre les personnes en situation de « handicap » jusqu'à 60 ans et les personnes dites « dépendantes » de + de 60 ans,
La prise en charge de la perte d’autonomie s’intègre totalement dans les principes fondateurs de la Sécurité sociale « faire face aux aléas de la vie de la naissance à la mort », elle doit relever de la solidarité nationale et non de la solidarité familiale…
La perte d’autonomie n’est pas une affaire du privé.
La CGT propose la prise en charge de la perte d’autonomie par la branche maladie de la sécurité sociale.
L’évolution de la société nécessite une véritable politique de santé et de prévention !
Mais le risque est important de voir le gouvernent livrer un large champ de la protection sociale aux marchés financiers afin d’offrir des profits juteux aux assurances privées et de poursuivre l’entreprise de démolition de la sécurité sociale.
Notre fédération, au travers de l’ensemble de ces champs professionnels, est traversée par une attaque sans précédent contre la protection sociale, avec des restructurations importantes, des diminutions conséquentes d’effectifs, le tout sous contraintes budgétaires drastiques sous la pression très forte de la tutelle de l’Etat en lien direct avec la Révision Générale des Politiques Publique (RGPP).
Ces attaques de l’intérieur contre nos institutions ont pour objectifs la destruction et la désorganisation du service rendu au public, la recherche continuelle d’efficience dans nos organisations (fusion, restructuration, mutualisation) provoque la dégradation des conditions de travail et la détérioration du rendu de nos missions de service public.
Les diminutions importantes d’effectifs ont pour conséquences d’augmenter la charge de travail et de générer du stress et l’augmentation des risques psychosociaux.
D’où l’importance de porter dans l’ensemble de nos professions et derrière le slogan :
SALAIRES, EMPLOIS, CONDITON DE TRAVAIL
PROTECTION SOCIALE
les revendications légitimes des salariés de la protection sociale.
Le 23 juin en Intersyndicale les camarades des missions locales vont organiser une 1ère manifestation nationale contre la baisse des moyens pour l’insertion des jeunes, contre les diminutions du nombre de conseillers et une amélioration des conditions de travail.
La réussite des actions de ces derniers mois montre que les revendications dans l’unité syndicale sur les salaires, l’emploi, les conditions de travail et de la protection sociale correspond aux attentes des salariés de nos institutions pour rappel :
- La forte mobilisation nationale en novembre 2010 au sein de pôle emploi fusion des ex ASSEDIC/ANPE.
L’étatisation de pôle emploi utilisé à des fins électoralistes a engendré un « mal servi » pour les chômeurs, tant sur le plan du placement que de l’indemnisation et une souffrance au travail sans précédent, avec aujourd’hui un transfert des psychologues du travail de l’AFPA.
- La forte mobilisation nationale avec des rassemblements locaux devant les mutuelles de janvier et mars 2011 au sien de la Mutualité ont permis de bloquer les négociations depuis octobre, tant que celles sur les salaires ne seraient pas finalisées.
Dans ce secteur, les regroupements de mutuelles, face aux grands groupes privés (6.000 en 1992, 600 aujourd’hui) et le contexte économique très difficile, pour les établissements de santé liés à la tarification à l’activité (T2A) licenciements et souffrances au travail pour les salariés restés dans les boites ont des conséquences humainement dramatiques.
De même dans les Groupes de Protection Sociale (GPS) avec des regroupements de plus en plus fréquents des caisses de retraite liés à la solvabilité 2 imposée par l’Europe qui risque de remettre en cause le paritarisme
- De plus, la grande manifestation nationale organisée dans la sécu en février 2011, a été marquée par des records de taux de grévistes rarement atteints et un nombre impressionnant de manifestants venus de toute la France, se rendant part la Bastille devant la caisse nationale (UCANSS)
La sécurité sociale vit à l’heure de la création des Agences Régionales de Santé (ARS), à l’heure des suppressions de postes ; les échos titraient dernièrement « retour aux effectifs de 1976 dans la sécu »,
Comme dans la Mutualité Sociale Agricole (MSA) la Sécu vie a l’heures des fusions ou plutôt des suppression de caisses comme dans le Régime Sociale des Indépendants (RSI) né de la suppression de 3 organismes (AMPI, ORGANIC, AVA) avec des salariés rétrogradés, agressés dans les accueils par des assurés à bout de nerf tant le service s’est dégradé.
La départementalisation des Caisses Primaires (CPAM) et des Caisses d’Allocations Familiales (CAF), sont les prémices d’une future régionalisation.
Régionalisation à marche forcées dans le Recouvrement avec la création des 3 premières caisses Régionales dès 2012.
Ce choix politique de la tutelle de Régionaliser en s’attaquant au réseau de URSSAF passant ainsi de 105 union de recouvrement (UR) en 2004 à 22 URSSAF en 2014 n’est pas sans conséquences pour le financement de la sécurité sociale et de la protection sociale en générale car le recouvrement n’est ni plus ni moins que la « banque de la SECU » S’attaquer à ses structures c’est s’attaquer aux financements dégradant ainsi ses moyens.
La remise en cause quasi systématique des Conventions Collectives avec la destruction des acquis est forte dans toutes nos professions comme par exemple la Convention Collective Unique de 2010 non signé par la CGT dans l’aide et maintien à domicile qui aggrave considérablement les conditions de travail et met les salariés de cette profession en danger.
Les lots communs dans toutes nos professions sont les licenciements, les mobilités fonctionnelles, les mobilités géographiques, les surcharges de travail ainsi que le mal-être et la souffrance au travail pour ceux qui restent…
N’est t’il pas urgent d’organiser ensemble dans tous nos secteurs d’activités et plus généralement dans toute la CGT des journées d’actions pour la défense des salariés et de la protection sociale ? Alors même que la confédération lance une grande campagne nationale sur les salaires.
De revendiquer tel que décidé lors du 8ème congrès le SMIC à 2000 €uros brut et 300 €uros d’augmentation immédiate pour tous.
Mais encore l’arrêt des suppressions de postes, l’embauche de salariés en CDI, l’arrêt des réorganisations, des restructurations et de la Régionalisation ainsi que la mise en place immédiate de plans d’actions contre les risques psychosociaux.
Aujourd’hui plus qu’hier, il y a urgence car les salariés et la protection sociale sont en danger.
La décision du 8ème congrès de reconstruire ses structures régionales à aidé à la réussite des actions citées plus haut, mais le 9ème congrès doit amplifier la décentralisation de la fédération en région, avec des référents régionaux afin de travailler avec les comités régionaux, les Unions Départementales et leurs commissions sociales ainsi que les Unions Locales.
Car la défense de la protection sociale est l’affaire de tous les salariés, de tous les syndiqués de toute la CGT.
Enfin,
La construction du cahier revendicatif de la 1ère Conférence Fédérale portées par la COFICT lors du congrès de l’UGICT à Vichy, ainsi que la préparation du congrès de notre UFROS.
L’action et le travail de la fédération et de sa commission exécutive ces dernières années impulsés par les décisions du 8ème congrès sur le rôle de moteur des organismes sociaux dans le débat confédéral sur la protection sociale ont portés leurs fruits au sein de la confédération.
Notamment grâce aux différentes expressions de la CEF sur la retraite du régime général, du 4 pages sur l’ARRCO et l’AGIRC, les trois Ca Bouge protection sociale, le spécial aide à l’autonomie permettent la mise en débat au sein de toute la CGT de la reconquête de notre protection sociale qui fera débat sur notre implication en cette fin d’après midi.
Bien vivre ! bien travailler ! bien vieillir ! C’est ce qui doit nous exhorter à continuer tous ensemble la lutte et faire connaitre nos revendications et nos propositions.
Je vous invite donc à poursuivre le débat ensemble…
Cap d’Agde, le 24 mai 2011